Acteur

Pourquoi les animaux ne sont pas des acteurs ?

Et pourquoi cela a des conséquences sur la préparation d’un tournage avec des animaux.

Un comédien lit le scénario, répète, comprend la scène, accepte de recommencer douze fois la même prise sous les projecteurs. Il sait que le sang est faux, que le cri est joué, que la porte qui claque fait partie du plan. Un animal ne sait rien de tout cela.

Pour lui, le plateau est un environnement réel : des inconnus, des câbles, des lumières intenses, des bruits soudains, des odeurs, des heures d’attente dans un espace inadapté. Ce que nous appelons « une prise » est pour lui une situation qu’il subit, qu’il ne peut ni anticiper ni négocier.

Parler d’« acteur animal » ou d’« animal comédien » entretient une confusion dangereuse : celle qui laisse croire que l’animal peut être dirigé, motivé et sollicité comme un humain. En réalité, ce n’est pas l’animal qui doit s’adapter au tournage, c’est le tournage qui doit s’adapter à l’animal.

Action !

Pourquoi on ne peut pas imposer le rythme d’un tournage à un animal ?

Une journée de tournage, c’est dix à douze heures, des séquences déplacées au dernier moment, des attentes interminables puis des minutes où tout doit aller vite. Un animal a ses propres cycles : de sommeil, d’alimentation, d’activité, de stress. Un chien fatigué mord, un cheval stressé se cabre, un chat terrorisé se cache : ce sont des réponses biologiques, pas des caprices.

Forcer l’animal à tenir le rythme de l’équipe, c’est prendre un risque pour lui, mais aussi pour les personnes autour et pour le tournage lui-même. Les accidents, les prises ratées et les journées perdues coûtent plus cher qu’une préparation sérieuse.

Et comment respecter, malgré tout, le plan de travail…

Voir les bonnes pratiques

Le vocabulaire

Quelques mots pour commencer

Être sensible
Statut juridique de l’animal en droit français : un être doué de sensibilité, capable de ressentir douleur et émotions, qui doit être placé dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.
Zoochose
Trouble du comportement observé chez un animal captif ou placé dans un environnement inadapté : mouvements répétitifs, automutilation, apathie, agressivité. Un signal d’alerte sur un plateau.
Zooinclusivité
Approche qui inclut les autres animaux dans nos considérations morales et politiques, en partant du constat qu’ils sont maltraités sous la tutelle humaine (Émilie Dardenne).
Anthropocentrisme
Vision du monde qui place l’humain au centre et considère les autres espèces uniquement à travers leur utilité pour lui.
Plan de travail
Document de production qui organise les journées de tournage : ordre des séquences, horaires, besoins. C’est là que le rythme de l’animal doit être anticipé.
Animalier / dresseur
Professionnel qui fournit, prépare et accompagne l’animal sur un tournage. Son rôle et ses conditions d’intervention conditionnent le bien-être de l’animal.

De A à Z

L’abécédaire éthique des animaux en tournage

Anesthésie, imprégnation, prédation, zoochose, ACACED : trente et une entrées qui détaillent les mots, les pratiques et les textes de loi qu’il faut connaître avant de faire venir un animal sur un plateau.

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