Tourner avec des animaux : le kit de survie
« Aucun animal n’a été blessé ou tué pour les besoins de ce film »… ou presque !
Respecter l’animal et tenir le plan de travail ne sont pas contradictoires : c’est une question de préparation. Voici les quatre étapes d’un tournage, et ce qu’il faut avoir vérifié à chacune d’elles.
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L’étude
Le choix d’utiliser des animaux vivants ne doit jamais être gratuit.
- Pour tout scénario incluant des animaux, explorez d’abord les alternatives. Effets spéciaux, animatroniques, animation : les solutions existent et sont de moins en moins coûteuses.
- Consultez un vétérinaire-conseil pour vérifier que les actions prévues sont légales et cohérentes avec l’espèce choisie. On ne jette pas un chat à l’eau, même pas pour la beauté de l’art.
- Contactez un dresseur spécialisé pour évaluer la faisabilité.
- Alertez les producteurs si le scénario contient des éléments pouvant constituer un délit au regard des lois sur la protection animale.
- Encouragez la présence d’un référent bien-être animal sur le plateau. Il est imposé en France depuis 2022 dans les élevages, et existe déjà aux États-Unis sur les tournages.
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La préparation
Bien choisir l’individu, et laisser aux dresseur·ses le temps de préparer l’animal aux conditions réelles de tournage comme aux actions attendues.
- Engagez exclusivement des dresseurs spécialisés en cinéma, à jour de leurs connaissances et conformes à la loi. Affamer un animal, le battre, l’attacher pour le maintenir dans une position dangereuse ou douloureuse, ou simplement ne pas le placer dans des conditions conformes aux besoins de son espèce, sont des délits.
- Le choix du dresseur doit être consultatif : le choix de l’individu, en fonction de son tempérament, sera déterminant.
- Conviez le dresseur à la lecture technique, comme les autres chefs de poste.
- Anticipez plusieurs semaines, voire plusieurs mois de préparation pour certaines actions. Une action mettant en danger l’animal devra être truquée, sans exception : scène de noyade, chute, etc.
- L’anesthésie d’un animal à des fins narratives est strictement interdite par l’Ordre national des vétérinaires.
- Invitez les dresseurs aux repérages techniques si nécessaire, et organisez des rencontres entre l’animal et ses futurs partenaires comédiens.
- Établissez un protocole d’accueil détaillé couvrant l’interaction avec l’animal, et diffusez-le à toutes les équipes.
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Le tournage
Adapter le plateau aux besoins de l’animal et assurer la protection de tou·tes.
- Vérifiez que les conditions de transport et d’accueil ont été anticipées. L’animal a besoin d’un espace calme où se reposer en toute sécurité entre les prises, à l’écart du plateau et des équipes.
- Rappelez les principes du protocole dans la feuille de service, et briefez les figurants si nécessaire.
- Informez les dresseurs plusieurs jours à l’avance de tout matériel bruyant ou effrayant. Prévenez-les de tout changement de découpage ou d’ordre de tournage.
- Convoquez l’animal aussi tard que possible pour maintenir sa concentration : le même principe qu’avec les enfants.
- Laissez l’animal dans son espace de repos jusqu’à la dernière minute. Un animal fatigue davantage en étant présent sur le décor qu’en accomplissant les actions de jeu qui lui sont demandées.
- Écoutez sans discussion les recommandations des spécialistes, dresseurs, référent bien-être ou vétérinaire. S’iels annoncent que l’animal doit faire une pause ou qu’il a terminé sa journée de tournage, cette décision doit être respectée sans appel.
- Chorégraphiez les scènes de foule impliquant des animaux avec une grande précision : déplacements des figurant·es, des animaux et des dresseur·ses.
- La présence d’un vétérinaire sur le plateau permet d’évaluer l’état de santé à l’arrivée et d’intervenir en urgence en cas d’accident.
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L’après-tournage
Que deviennent ces animaux ?
- Certains dresseurs achètent des animaux qui ne seront pas réemployés pour d’autres films. L’abandon, lui, constitue un acte de maltraitance pénalement condamné.
- Les questions relatives aux conditions futures de l’animal ne relèvent pas directement des assistant·es réalisation. Mais posées en amont, elles peuvent orienter le choix des professionnel·les ou de la structure de dressage employées pour le projet.
Définition
Sentience
Capacité à ressentir les émotions, la douleur, le bien-être, et à percevoir de façon subjective son environnement et ses expériences de vie… Tout ce que vivent les animaux et qui détermine leur personnalité.
Le rappel qui compte
C’est quoi, maltraiter un animal ?
- Infliger de mauvais traitements : privation de nourriture, d’eau, souffrance involontaire, emprisonnement en cage, refus de soigner une blessure.
- Abandonner l’animal.
- Infliger des sévices graves ou des actes de cruauté : violence intentionnelle, blessure volontaire, mort.
- Les atteintes sexuelles, ou la diffusion de tels actes.
Chacun de ces actes expose l’auteur·e ou ses complices à des amendes, voire à des peines de prison ferme pour les plus graves ou en cas de récidive.
Les signes qui doivent alerter
Un seul de ces signes suffit pour interrompre la prise.
Les animaux du cinéma et de l’audiovisuel contribuent à faire naître les émotions et le plaisir ressentis à la découverte de nos films. Faire en sorte que cette expérience ne soit ni traumatisante, ni dangereuse est de notre responsabilité vis-à-vis d’eux.